Avec la fondation France-Libertés, la ccas s’engage dans la campagne des Porteurs d’eau.
«L’eau c’est un bien commun. Affirme Valérie Védrine, admistratrice de la ccas, en charge de l’action solidaire. La gestion publique de l’eau est un enjeu et un objectif que nous partageons avec la fondation présidée par Danielle Mitterrand. Evidemment, ce combat, du local au global, du village de France à celui d’Afrique, croise celui pour le droit à l’énergie».
Et ces deux ressources majeures, ont une actualité brûlante: «Dans le cadre de la loi Nome, qui vise à ce qu’EDF cède 25% de l’énergie produite aux marché privé, un amendement issu des rangs de l’Ump, vise à privatiser les structures hydrauliques de la Cnr (compagnie nationale du Rhône). Outre son activité de production électrique, elle participe à la gestion des fleuves à l’irrigation. Aux mains d’un seul groupe, quelle sera la place des collectivités territoriales qui détiennent aujourd’hui avec la caisse des dépôts la majorité des actions? ».
Le partenariat sur les questions de l’eau avec la fondation, servira également à aiguiser les projets solidaires de développement que la ccas porte avec les associations des ieg .
Thierry Marck
Ccas.fr: Quels sont les enjeux de cette campagne des « porteurs d’eau » ?
Emmanuel Poilane: L’eau c’est vital. Une coupure d’énergie ce n’est pas facile à vivre. Mais une coupure d’eau c’est l’enfer. Toute les organisations urbaines ou rurales, la vie, quelque soit le pays, sont organisées autour de l’eau. Dans les pays en voie de développements la vie quotidienne, celle des enfants en particulier, est soumise à l’approvisionnement en eau. Dans les sociétés occidentales, toutes les villes sont implantées autour d’un point d’eau. C’est aussi un enjeu stratégique mondial. Cette source de vie ne peut être abandonnée à la gestion privée comme une marchandise. L’eau, c’est un bien commun, à gérer en solidarité et en partage. L’enjeu des « porteurs d’eau », c’est ça.
Ccas.fr: Travaillez-vous sur un modèle de gestion de l’eau ?
E.Poilane: Le modèle, c’est clairement le service public. C’est le cas de 90% des pays du monde. Sauf au Chili où elle est entièrement privée de la source à la distribution; Et en France, où 75% de la gestion de l’eau est déléguée à des entreprises privées.
C’est une situation que des collectivités locales remettent en cause ?
E.Poilane: Oui. Il y a peu Brest, Vierzon et Montbéliard ont choisit le retour à la gestion publique. Lille demande des comptes à son opérateur. Mais les contrats de délégations ont des durées prohibitives et nombre d’élus restent prisonniers de leurs délégation. La Loi les a ramenées à un maximum de 20 ans, mais c’est encore trop.
Ccas.fr: Qu’attendez-vous du partenariat avec la ccas ?
E.Poilane: La gestion des activités sociales par les salariés eux-mêmes, telle que la ccas la met en œuvre, correspond à notre conception de la gestion des biens communs. Nous espérons que les gaziers et les électriciens, qui sont les porteurs d’énergie, deviendront des porteurs d’eau !
Nous allons également travailler avec la ccas sur ses projets de développement concernant l’eau.
Ccas.fr: Quelles sont les erreurs à éviter dans ce type de projet ?
E.Poilane: C’est de ne s’occuper uniquement que des infrastructures, mais pas de la gestion. Quand on construit un puit, on doit s’occuper aussi de son comité de gestion, de son entretien et de son dépannage. Quelque soit le pays, quelle que soit la culture, la gestion de l’eau à une histoire liée à ce bien commun. S’occuper de l’eau c’est s’occuper de l’être humain. Et, ici où là-bas, rien n'est écrit une fois pour toute dans l’histoire de l’humanité…
Thierry Marck
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